Maladie de Verneuil
La maladie de Verneuil ou hidradénite suppurée est une maladie cutanée inflammatoire chronique qui provoque des lésions douloureuses telles que des nodules sensibles, des abcès à répétition et des lésions purulentes. Elle touche préférentiellement les grands plis : axillaires, sous mammaires, inguinaux et interfessier. Des cicatrices rétraciles peuvent apparaitre au niveau des zones affectées.
Elle touche 7 personnes sur 1000, soit environ 455000 patients en France.
Causes
La maladie de Verneuil est une maladie inflammatoire chronique du follicule pileux. Les causes exactes de sa survenue ne sont pas encore connues avec précision.
Elle résulte d’une interaction complexe entre le terrain génétique d’une personne (forme familiale chez 1 patient sur 3), des facteurs environnementaux favorisants et un dysfonctionnement du système immunitaire. Ce n’est cependant pas une maladie autoimmune.
Facteurs déclencheurs
- Prédisposition génétique
Une forme familiale est retrouvée chez 1/3 des patients. La transmission n’est cependant pas systématique.
- Facteurs externes: ils peuvent jouer un rôle de facteurs dans le développement ou le maintien de la maladie
- Mécanismes de frictions
- Hormones
- Microbiote cutané (bactéries de la flore cutanée)
- Diabète type 2
- Obésité
- Tabac
- Chocs émotionnels
- Dysfonctionnement du système immunitaire
- Le système immunitaire est stimulé entrainant une réaction inflammatoire qui cible les cellules cutanées ? cette dérégulation entraine l’apparition et l’aggravation des lésions.
Apparition des lésions
Les lésions débutent par une infiltration de cellules du système immunitaire au niveau du follicule pileux entrainant son occlusion : un bouchon se forme avec une accumulation de débris cellulaires et de bactéries cutanées. Le follicule éclate ensuite entrainant la dispersion des débris dans le derme. Ces derniers sont reconnus par les cellules du système immunitaire renforçant l’inflammation.
Les nodules et les abcès apparaissent. L’inflammation chronique s’installe avec le recrutement de toujours plus de cellules inflammatoires entrainant la progression de la maladie. Des trajets fistuleux se forment alors.
Maladies associées à la maladie de Verneuil
La maladie de Verneuil est fréquemment associée à d’autres pathologies à composante inflammatoire, notamment intestinales et articulaires :
- Maladie de Crohn, rectocolite hémorragique
- Spondylarthropathies axiales et périphériques
- Triade d’occlusion folliculaire, la maladie de Verneuil s’associe alors à une acné sévère dite conglobata et à une cellulite disséquante du cuir chevelu
- Syndrome des ovaires polykystiques
- Manifestations anxieuses ou dépressives
Les traitements de la maladie de Verneuil
Ils sont multiples et dépendent de la sévérité des symptômes, avec une approche combinant souvent médicaments, interventions locales et prise en charge du mode de vie.
Traitements médicaux
- Les antibiotiques sont utilisés en première intention, soit par voie locale, soit par voie orale, notamment lors des poussées ou en entretien. Selon les cas, ils peuvent être prescrits sur plusieurs semaines à plusieurs mois.
- Les biothérapies (tels que l’adalimumab ou le sécukinumab) sont recommandés pour les formes modérées à sévères, notamment en cas d’échec des antibiotiques. Ils réduisent la fréquence et l’intensité des poussées chez une proportion notable de patients.
- Des rétinoïdes (dérivés de la vitamine A) peuvent parfois être utilisés dans certaines formes spécifiques.
Traitements chirurgicaux
- L’incision ou le drainage des abcès est pratiqué pour un soulagement rapide.
- Excision large ou profonde des zones atteintes, seul traitement dit « radical », particulièrement pour les formes sévères. Cela permet de limiter, voire prévenir, la récidive dans la zone traitée.
- La chirurgie peut être couplée à des biothérapies pour optimiser les résultats et la prévention des récidives.
Autres approches
- Le laser (vaporisation CO2) peut être proposé dans certains cas pour traiter des lésions particulières.
- Le soutien psychologique est souvent recommandé face à l’impact émotionnel de la maladie.
- Il est conseillé, sans preuve formelle mais avec présomption, d’arrêter le tabac et de perdre du poids, ces facteurs étant suspectés d’aggraver la pathologie.
- Un suivi auprès de différents spécialistes peut être mis en place pour des maladies associées ou des complications.
Approche multidisciplinaire
La prise en charge doit être globale, faisant intervenir dermatologues, chirurgiens, psychologues, et parfois d’autres spécialistes selon les besoins du patient.
À ce jour, il n’existe pas de traitement unique efficace pour toutes les formes, et l’approche est individualisée en fonction de chaque patient.
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